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Je suis le tympan
Gilbert MAO


Depuis quelques années, une partie du travail de Gilbert Mao a évolué vers une autonomie de l'œuvre face aux contraintes des lieux de présentation. C'est en réfléchissant aux conditions d’exposition de son travail qu'il a conçu un ensemble de sculptures/maquettes.

A partir de souvenirs de lieux il fait réaliser un volume en tôle installé ensuite à hauteur des yeux sur un portant en frêne. A l'extérieur, le métal est poncé tandis que l'intérieur est blanc.
Il s'agit de réminiscences d'endroits qu'il a pratiqué ou qu'il pratique encore. Ces pièces ont été conçues dans un premier temps pour tester les différentes possibilités d'installation de ses ''dessins'' sous forme de miniatures.

Certains de ces dessins qu'il nomme ''modules'' ou ''binômes'' lorsqu'ils sont associés, mesurent 4,20 m de hauteur. C'est la monumentalité de ces pièces qui l'a amené à la réalisation de ces sculptures/maquettes. Ils sont réalisés sur aluminium au moyen de pigment et de vernis au tampon, une technique employée en ébénisterie.

Pour l'exposition, cette sculpture/maquette reçoit donc un ensemble de '' dessins '' en format réduit. Cette espace est un souvenir de visite dans une petite galerie parisienne anciennement épicerie de quartier. Au moment de cette visite, le cadre de ce travail n'était pas encore posé et c'est toujours selon ce principe a posteriori qu'elles sont élaborées.

Selon les circonstances ces sculptures/maquettes peuvent rester vides, ne fonctionnant plus alors que sur leur intériorité.
D'autres lieux sont ainsi transposés : les pièces d’un hlm précédemment habitées, son atelier, le garage de son garagiste, une partie d'un lieu d'exposition, un moulin souvent croisé, une piscine... Toutes sont des ''recompositions'' simplifiées reposant sur un ensemble de sensations multiples.

Nous avons demandé à Gilbert de participer à « Je suis le tympan » pour son lien avec ce rapport intérieur/extérieur qu'il côtoie, mais aussi parce que son travail fait écho aux préoccupations architecturales désignées dans cette exposition.

Le paradoxe c’est que tout en nous mettant à distance en tant que regardeur (comme le personnage du film « Fenêtre sur Cour »), cette œuvre nous révèle une partie de son processus créatif.


Gilbert MAO
Crédit photo : Hervé Beurel - Droits réservés : Gilbert MAO